Alimentation industrielle : Pourquoi mangeons nous trop ?

Par le 5 juillet 2018

Les générations de l’abondance :

L’abondance, une première dans l’histoire de l’humanité. Pour nombre d’entre nous, finies les pénuries des siècles derniers et place aux excès alimentaires. En 2016, 2 milliards de personnes dans le monde souffrent de sur-poids dont 650 millions d’obèses, tandis que 815 millions de personnes demeurent encore sous alimentées. Nous sommes encore loin de l’équilibre au niveau de la répartition des denrées alimentaires ?

Pour ma part, je n’ai jamais connu la faim ; il y a toujours eu de la nourriture à portée de main. Mon corps, mon apparence et ma santé subissent cette opulence continue. Conditionné au plaisir de manger en permanence, tendre vers l’équilibre et la mesure est bien difficile. Depuis quelques temps, grâce à la pratique régulière du jeûne, je découvre enfin les bienfaits du repos digestif ; quel regain d’énergie !
Mais comment en sommes nous arrivé là, à manger autant ?

J’ai la chance d’avoir grandi près du jardin de mes grands parents. Les fruits et les légumes frais de saison y poussaient à profusion. Nos repas étaient simples, délicieux et diversifiés. Mon alimentation était majoritairement naturelle. Toutefois, dès l’âge de l’école, je n’ai pas été épargné par les tentations industrielles. J’en subis encore les déséquilibres.
Merci à l’industrie agroalimentaire, d’avoir autant déréglé et stimulé mon appétit !

L’alimentation industrielle – L’alimentation de tous les excès – L’abondance ne rime pas avec qualité :

Au milieu du 20ème siècle, les progrès technologiques et les innovations chimiques ouvrent une opportunité de profits inégalée à toute la filière alimentaire. La production des denrées alimentaires prend de nouvelles proportions. Tout est à présent réalisable pour stimuler en permanence nos papilles gustatives. Nous pouvons enfin manger tant que nous voulons, sans jamais plus nous rationner.

Les conséquences du productivisme pour l’être humain et la planète – Un désastre qui perdure :

  • la destruction de l’environnement et l’épuisement des ressources ;
  • l’exploitation humaine de populations entières pour assouvir les besoins de consommation d’autres population ;
  • la concentration des richesses et l’appauvrissement des masses ;
  • les conditions d’élevage et d’abattage déplorables voir innommables ;
  • la qualité nutritionnelle en baisse ;
  • les troubles du comportement alimentaire, les problèmes de santé graves, l’obésité, la sédentarité..).

Heureusement, les publicités si fraîches, si gourmandes et pleine de vie, nous donnent de l’appétit et nous oublions bien vite cette réalité dérangeante ! Merci aux publicités de me guider sur la voie du plaisir et du désir. Merci pour ces tentations irrésistibles. Merci enfin pour tous les efforts qu’il me faudra ensuite pour me libérer de leur emprise !

La production intensive est indispensable pour nourrir la planète ?

C’est en tout cas le message véhiculé qui excuse cette destruction à grande échelle et nous mène à la 6ème grande extinction des espèces en un temps record !
Un vrai slogan des écoles de l’agriculture conventionnelle ! Si on y regarde de plus près, le gaspillage (de la production à l’assiette) est colossal. Un grand pourcentage des fruits et des légumes produits n’atteint jamais nos assiettes. Des quantités inimaginables de céréales sont produites pour nourrir des milliards d’animaux et ainsi assouvir notre désir excessif de viande !
Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette production intensive ne résout pas du tout le problème de la faim dans le monde ! Elle gave simplement davantage les populations favorisées. Chaque année près de 3 millions de personnes meurent d’excès de nourriture et le gaspillage atteint des sommet. Quel progrès !!!

Manger sans faim et sans fin :

Qui a dit que pour grignoter, il faut avoir faim ? Là est tout le challenge des industriels ; pousser la consommation par le plaisir. La création d’aliments à avaler sans faim, sans fin, n’importe quand est un art. Le simple fait de porter un aliment à la bouche est un réflexe, une habitude.
Les snacks, ces merveilleuses petites portions si pratiques et si faciles à emporter, sont partout à portée de main ! Malheureusement, une fois commencé, il est difficile de s’arrêter de grignoter.

Quoi qu’il en soit, l’accès permanent à la nourriture est une évidence. Elle rassure et réconforte ! Les aliments sont transformés, la composition des préparations industrielles est minutieusement étudiée pour stimuler notre appétit. A l’inverse, les aliments simples, frais, entiers et complets procurent rapidement une sensation de satiété. Pire encore ils ne créent pas de manque. Ce n’est pas rentable !

Le désintérêt de la qualité au profit de la quantité :

Le profit, la productivité et la rentabilité sont les véritables moteurs de l’industrie agro-alimentaire. Nous entrons dans le monde merveilleux des grands industriels dont la survie ne dépend que de la croissance.
Il n’y a pas de place pour les valeurs nutritionnelles, ou tout juste ce qu’il faut pour ne pas inquiéter le consommateur. La transparence est loin d’être une vertu, la traçabilité non plus ! Qu’importe, personne ne comprend les compositions.

La qualité des matières premières est si basse, sans l’ajout d’arômes chimiques, d’exhausteurs de goût, de sucre, de gras et de sel, les préparations industrielles seraient immangeables. Le packaging compense cette médiocrité. Il fait oublier ce que nous risquons à les consommer. Drogués, nous ne réagissons pas vraiment. Qu’importe les conséquences sur notre santé et sur l’environnement, nos journées s’écoulent au rythme des repas, des collations et des boissons sucrées. La fréquence de nos prises alimentaires dépassent l’entendement.

La consommation du sucre : Une drogue légale si réconfortante

Au cours du 19éme, grâce aux colonies productrices de canne à sucre et à l’exploitation de la betterave sucrière en Europe, la consommation du sucre se généralise. Les procédés d’extraction et de raffinage industriels évoluants, la production du sucre s’envole jusqu’à atteindre des sommets ces dernières décennies.

Manger du sucre est devenu un besoin irrépressible. Pourtant sa présence dans notre alimentation est toute récente. Les sources naturelles étaient plus occasionnelles. Nous sommes nés dans la profusion des douceurs sucrées. Pire encore, on le retrouve dans toutes les préparations industrielles.
La consommation de sucre en France avoisine les 2 200 000 000 de kg, soit environ 35kg par habitant et par an, contre 1kg en 1850. Ce chiffre est une moyenne entre les personnes qui en mangent beaucoup et celles qui en mangent peu. Quand je vois l’alimentation des enfants et des ados, je pense que 35kg est vraiment loin de la réalité.
Les procédés de raffinage concentrent le sucre au maximum ; son pouvoir addictif et ses méfaits pour notre santé, en sont bien-évidemment décuplés.

Les enjeux commerciaux sont colossaux, tant pis si les consommateurs sont en danger. Le sucre conserve et améliore le goût. De plus, il fidélise et augmente les ventes ! Pas étonnant que le lobbying du sucre soit tout puissant !
Accoutumer les enfants au sucre est une nécessité commerciale. Plus jamais ils ne pourront s’en passer, l’envie sera toujours présente à l’âge adulte même si leur santé est pâtit !
Je suis stupéfait à la lecture des compositions des aliments prévus pour les enfants. Les teneurs en sucre, en sucres modifiés et en sucres cachés sont scandaleux. De la drogue à l’état pur !

Les produits laitiers une autre forme de dépendance :

L’accoutumance au sucre, au tabac et à l’alcool est une évidence pour tout le monde. A présent c’est encore au tour du lait et des produits laitiers d’être ciblés. Cette fois ci, non pas pour leurs méfaits bien connus pour notre santé, mais pour leur pouvoir addictif ! Est ce une conspiration ? Pourquoi tous les aliments que nous adorons et qu’il nous est difficile de résister sont ils addictifs ? La réponse est simple ; ils stimulent fortement notre plaisir. Ils sont une source intense de réconfort. Ils renferme bien évidemment des substances naturellement addictives. En réalité, ils ne sont pas censés être consommé quotidiennement, tout au plus de façon occasionnelle pour ne pas augmenter la dépendance.

En toute logique commerciale, inclure ces aliments addictifs dans toute les préparations industrielles est une règle d’or. C’est pourquoi, le sucre et les produits laitiers sont présents dans la majorité des préparation industrielles.

C’est la casomorphine qui est responsable du pouvoir addictif des produits laitiers. Elle est produite lors de la dégradation de la caséine, cette protéine propre aux produits laitiers, lors des processus de digestion. Ses effets sont semblables à ceux des opiacés. La sensation de plaisir est immédiate et la dépendance est bien inscrite en nous depuis l’enfance.

Provoquer l’accoutumance :

Les avis des spécialistes de la nutrition et des professionnels de la santé sont mitigés quant aux raisons qui nous poussent à manger autant. Bien que le pouvoir addictif de certaines substances dont le sucre semble évidente pour tous, la gêne est palpable dès que l’alimentation industrielle est comparée à de la drogue !

Plus facile mettre en cause les facteurs sociaux, psychologiques et physiologiques ou encore le stress, la fatigue, la déprime et l’anxiété ! Il ne faudrait pas se mettre les grands lobbyings sur le dos ! Bien sur, l’industrie agro-alimentaire n’est pas responsable de notre goût inné pour le sucre, le gras et le sel, en revanche, elle en profite largement. Exploiter nos sens, nos faiblesses et nos fragilités pour accroître notre dépendance est tout un art !

Les pratiques d’accoutumance les plus utilisées :

  • Sucre, Gras et Sel : le trio infernal. La base pour provoquer une accoutumance immédiate. Pas du tout un hasard que ces trois ingrédients soient incontournables dans l’industrie agro-alimentaire. Ensemble ils rendent tout aliment irrésistible. A travers l’alimentation industrielle nous en consommons des quantités irraisonnables voire dangereuses pour notre santé. Sans eux pas de profits.
  • La transformation et le raffinage des aliments ainsi plus facile à avaler ;
  • La multiplicité des textures irrésistibles (croquantes, onctueuses, légères, croustillantes…) ;
  • Les parfums puissants et les couleurs appétissantes font le reste (arômes et colorants de synthèse).

La chimie et la technologie, permettent une inventivité sans limites. Pour peu que nous soyons gourmand ou dans une période de vie un peu compliquée, il est difficile d’échapper à l’emprise de la malbouffe. En quelques décennies, notre goût s’est modifié. Nous sommes de plus en plus nombreux à préférer les sensations gustatives d’une nourriture artificielle.
Les bonbons et les innombrables douceurs sucrées sont de véritables concentrés de sucres modifiés et de chimie. Ils sont devenus le symbole du plaisir, de la joie, de l’amour et de la récompense. Il nous semble normal d’en offrir à ceux que nous aimons. La réalité est moins réjouissante, sans le vouloir nous nous empoisonnons ; les troubles alimentaires, les problèmes de santé, et les problèmes de poids se généralisent.

Quand j’étais petit, rares étaient les enfants en surpoids et le plus souvent pour des raisons de santé. Aujourd’hui,on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au coeur en voyant les dégâts de la nutrition industrielle moderne sur nos jeunes générations !

Manger industriel est ce dangereux ?

La question mérite d’être posée ! Les changements progressifs depuis quelques générations ont banalisés la dangerosité de consommer des aliments dénaturés saturés de substances chimiques. Leur présence n’inquiète pas vraiment. Tout est fait pour que nous soyons rassurés et les peurs sont vites étouffées. Un faible pourcentage des consommateurs s’inquiète des compositions. Un pourcentage encore plus faible encore s’informe des risques potentiels d’une nourriture aussi transformée.

L’industrie agro-alimentaire investit des sommes colossales pour cacher les méthodes de production et de fabrication. Il suffirait simplement de voir comment sont fabriqués nos douceurs préférées pour nous en détourner définitivement. Malgré les scandales qui s’enchaînent, les grandes marques industrielles restent puissantes. Les consommateurs contribuent plus que jamais à leur prospérité. N’est-ce pas là une indication du pouvoir addictif de l’alimentation industrielle ? La ressemblance avec les syndrome de dépendance à l’alcool et au tabac sont troublants.

La liste des pathologies liée à l’alimentation industrielle et à la malbouffe ne fait que croître. Nos carences en micronutriments essentiels (vitamines, minéraux, oligo-éléments, antioxydants naturels…) augmentent. Nos organisme fragilisés, affaiblis et encrassés ne peuvent pas lutter indéfiniment. L’inflammation chronique et la dégénérescence de nos tissus devient préoccupante. Nos organes, nos systèmes, notre peau en sont affectés. Notre corps s’use et s’affaiblit plus rapidement. Les nouvelles générations ont peu de chance de vivre en bonne santé aussi longtemps que leurs parents. Les maladies liées à l’âge se contractent de plus en plus tôt. Les troubles du comportement alimentaire sont fréquents (hyperphagie, boulimie, grignotage compulsif…).
Sans affirmer que l’alimentation industrielle est dangereuse, je préfère m’en tenir au principe de précaution et m’abstenir !

Heureusement, le temps joue en la faveur du changement. Les pratiques de l’industrie agro-alimentaire passent de plus en plus mal dans l’opinion publique. Il existe même des applications pour nous renseigner sur la dangerosité des aliments en grande surface. Attention au Green washing des marques qui essaient de polir leur image avec des slogans pour la santé ou pour l’environnement. C’est du pur marketing, la réalité est bien différente.

L’alimentation industrielle : Un cocktail de substances chimiques :

Additifs alimentaires, pesticides, perturbateurs endocriniens… la chimie est présente partout et les industriels ne peuvent plus s’en passer.

Des substances chimiques à chaque étape de la production et de fabrication :

  • Au niveau de la production : pesticides, fongicides, herbicides… pour les cultures ; médicaments, antibiotiques, hormones, vaccins pour les élevages.
  • Au niveau du raffinage des matières premières premières : solvants, purification chimique…
  • Au niveau de la fabrication : arômes, colorants, exhausteurs de goût, conservateurs…

De nombreuses molécules chimiques ingérées quotidiennement, circulent et s’accumulent dans notre corps. Stockées, entre autres, dans nos tissus adipeux, elles ne s’éliminent pas aussi facilement que l’on aimerait le croire. Au contraire, elles dérèglent notre organisme, affaiblissent nos défenses immunitaires, modifient notre flore intestinale et favorisent la prise de poids.

Il est étonnant que l’industrie agro-alimentaire ait réussi à faire oublier la dangerosité de ces substances chimiques agressives, qui détruisent la faune, la flore et nous aussi bien-sûr ! Même si par miracle, chaque molécule chimique, prise individuellement, ne pose pas trop de problèmes, qu’en est-il lorsqu’elles interagissent toutes ensembles !

Pour nous rassurer, on nous endort avec des normes en vigueur à ne pas dépasser ! Pour qu’il y ait une norme, c’est qu’il y a danger ! Non ? Pire encore, ces normes sont sans cesse revues à la hausse pour satisfaire les besoins des industriels ! Est ce vraiment sérieux ?

Conditionné à manger trop : rôle du cerveau, des intestins et du microbiote

Ce que nous mangeons influe sur notre corps, notre psychisme et notre sphère émotionnelle ! Jusque là pas de surprise. Nous avons tous expérimenté la relation entre ce que nous mangeons et notre état général. Les désagréments physiques, psychiques et émotionnels ne se font pas attendre suite à une période d’excès, de déséquilibres ou de malbouffe. Lorsqu’elle perdure des désordres chroniques sont à craindre à tous les niveaux. Nous sommes nombreux à nous sentir mal dans notre peau, fatigués, anxieux, fragiles, voire déprimés après avoir abusé de la nourriture.

Il est vraiment intéressant de comprendre cette interaction entre notre alimentation et notre bien-être. Cette connexion entre notre cerveau émotionnel et nos intestins est actuellement largement étudiée. Des millions de neurones relient intimement notre intestin à notre cerveau par l’intermédiaire de notre système nerveux. Certains scientifiques parlent d’un deuxième cerveau.
Il est évident que notre cerveau influe sur notre système digestif. En période de stress, d’anxiété, de peur ou de colère notre digestion est souvent difficile et les troubles intestinaux s’enchaînent.
Ce qui est intéressant, c’est que l’influence de notre intestin sur notre cerveau est encore plus importante. Nos bactéries intestinales (notre flore intestinale ou notre microbiote) jouent un rôle important. L’équilibre et la qualité de notre microbiote dépend forcément de notre alimentation. Suivant ce que nous mangeons, nous favorisons certaines souches bactériennes au détriments d’autres. C’est pourquoi l’alimentation industrielle pousse à la consommation ; les souches bactériennes qui prolifèrent, influencent notre cerveau pour que nous les nourrissons davantage.
Malheureusement, les sucres et les substances chimiques toxiques transforment durablement notre microbiote. Au fil du temps il est de plus en plus difficile d’équilibrer notre alimentation. Notre microbiote étant fondamentalement déséquilibré, les troubles du comportement alimentaire sont inévitables. Ainsi la malbouffe appelle la malbouffe !

Les études sur le microbiote sont encourageantes pour comprendre comment l’alimentation industrielle entretien des états de manque, de déprime, d’anxiété et de stress et ainsi nous pousse vers une alimentation compensatoire bien spécifique. L’alimentation industrielle influe ainsi autant sur notre corps que sur notre notre état psychique et émotionnel. Elle nous donne une fausse sensation de plaisir et de satisfaction. Elle nous épuise et augmente sans cesse notre envie de manger pour tenter de regagner l’énergie que nous perdons en la consommant. Il est difficile de sortir de ce mécanisme. Pour ma part, il m’a fallu plusieurs années pour me sevrer entièrement d’une alimentation industrielle. Quelques années supplémentaires ont été nécessaires pour me libérer des envies de sucre et d’aliments addictifs.

Le déséquilibre était si fort que même en ayant cessé les aliments industriels, j’ai continué dans un premier temps à manger en excès. Même en choisissant des produits bio et naturels, je me suis tourné vers les aliments sucrés, les céréales blanches ou encore les produits laitiers au pouvoir réconfortant et addictif.
De nombreux produits bio sont fabriqués dans l’esprit de consommation et sont tout autant addictif que les autres. Ils sont certes moins dangereux du fait de l’absence supposée de produits chimiques. La présence du sucre, du gras, d’aliments raffinés et du sel en excès bio ou non ont les même effets. Pour manger sain et équilibré, il est important de proscrire tout produit chimique, mais cela ne suffit pas, il est tout à fait possible de manger mal tout bio !

La conscience du lien entre mon cerveau et mes intestins, m’aide beaucoup à comprendre mes déséquilibres alimentaires. Mon microbiote a besoin de temps (sans doutes des années) pour s’assainir. Autant commencer dès maintenant. Je suis souvent submergé par l’envie de compenser. Mais conscient des interactions entre mes intestins et mon cerveau, je suis motivé à faire attention. Je ne veux altèrer mon bien-être physique, émotionnel et psychique. Le jeûne m’aide beaucoup. Il facilite le retour à une alimentation vivante et naturelle qui équilibre petit à petit mon microbiote. La connaissance est une source de motivation. Je suis personnellement convaincu que si j’arrive à rééquilibrer ma flore intestinale, non seulement je serais en meilleure forme physique, mais tout le reste suivra également.

Un peu de bon sens :

Nous sommes dans une société de consommation aux messages contradictoires. Les enjeux commerciaux sont importants. Des études sont financées pour minimiser les dangers de l’alimentation industrielle. Difficile aussi de croire parfois à la neutralité de certains médecins et nutritionnistes médiatiques. La méthode est simple : le pouvoir du doute pour discréditer toute affirmation de dangerosité. Dès que le doute est semé, les inquiétudes s’envolent, les consciences s’endorment et la consommation reprend. Après tout on ne va pas arrêter notre petite drogue sans preuves irréfutables ! Et pourtant la seule solution pour protéger notre santé est de faire les choix les plus naturels possibles.

Développer notre sens critique, s’informer, affiner notre connaissance de nos besoins nutritionnels est la clé pour vivre mieux. Le danger réside le plus souvent dans l’habitude. Plusieurs générations sont habituées depuis leur naissance à consommer des substances chimiques et des aliments transformés. Ce que nous connaissons aussi loin que nous nous souvenons, nous semble normal, pire encore, sans danger. Nous ne pensons plus à toutes ces substances chimiques qui nous entourent. Nous oublions le lien entre ce que nous mangeons et notre état physique, émotionnel et psychique. Lorsque nous donnons un bonbon fait de chimie et de sucre modifié à un enfant, nous avons l’impression de faire plaisir. Et pourtant quel avenir nous lui offrons par ce geste anodin !

La sur-alimentation et la malbouffe sont responsables d’une souffrance à grande échelle allant du mal-être, au surpoids aux maladies dégénératives graves. Il se pourrait bien que les générations nées après l’an 2000 voient leur espérance de vie diminuer fortement. Pire encore, leur espérance de vie en bonne santé est compromise. En 2009, Bil Clinton annonçait que la jeune génération pourrait être la première à avoir une espérance de vie plus faible que celle de leurs parents.

La frugalité (qui n’a rien à voir avec la privation) serait-elle une solution d’avenir pour revenir à un équilibre naturel sain. En tout cas ne plus gaspiller, rééquilibrer notre appétit, rééduquer nos papilles gustatives pour consommer moins et mieux serait vraiment judicieux. Si nous pouvions enfin cesser d’épuiser notre corps et notre belle planète.

Nous sommes responsables de notre santé. Bien-sûr nous sevrer de cette alimentation plaisir addictive est loin d’être facile, mais il en va de notre bien-être et du bien-être de nos proches. Pourquoi attendre d’être dans la souffrance ou dans l’urgence pour avoir le courage de changer nos habitudes alimentaires et notre hygiène de vie.

François de Saint Nicolas

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