Les fruits et les légumes en gélules

Par le 27 avril 2018

Vous avez bien dit des fruits et des légumes en gélules ???

Tous les bienfaits de la betterave rouge concentrés dans une gélule ! Un peu étonné sur le moment, j’ai vite oublié cette publicité. Après tout, cette racine est réputée pour sa teneur en antioxydants et nombreuses sont les personnes qui n’en raffolent pas. Moi-même, je ne l’aime que crue dans un jus de légumes bien frais.

Quelques temps plus tard, la publicité d’un concentré de 20 fruits et légumes en gélules, attire mon attention. Est-ce une blague ? Et bien non ! Une petite recherche rapide sur internet suffit pour dénicher une foule de compléments nutritionnels du même genre. Leur but est de remplacer les 5 fruits et légumes quotidiens recommandés.

Une nouvelle aberration en matière de nutrition ?
Valables ou non, à vrai dire, je ne testerais pas ces produits. Je préfères les fruits et des légumes fais, bio, locaux et de saison de mon petit maraicher. En revanche, l’existence de ces gélules pousse tout de même à la réflexion.

Il est certain que ces produits répondent à une attente de consommateurs. Peut-être la culpabilité, de ne pas manger équilibré, les motive à les acheter. Le problème, c’est de croire qu’ils peuvent réellement remplacer les fruits et les légumes frais.

Est-ce la fin du “manger frais”, du “manger cru”, du “manger vivant” ? Quelles sont, à moyen ou à long terme, les conséquences sur mon organisme, mon énergie et ma santé ? Il y a de quoi s’inquiéter !

A certaines périodes de la vie, avoir recours aux compléments alimentaires, est utile. Les plantes sont de fabuleuses alliées lorsque je suis malade, fragile ou affaibli. Grâce à leurs vertus thérapeutiques, j’évite souvent les traitements chimiques aux effets secondaires. Elles sont efficaces pour traiter les pathologies chroniques que la médecine conventionnelle peine à soigner. Elles me soutiennent lorsque le stress, la fatigue ou l’anxiété brûlent mes réserves énergétiques et augmentent mes besoins en micro-nutriments. Les super-aliments, sous forme de cure, sont en effet parfaits pour combler mes carences en oméga 3, en acides gras essentiels, en vitamines, en minéraux, en oligo-éléments ou encore en antioxydants.

Ce qui est dérangeant, c’est l’attribution du rôle d’aliment à un complément nutritionnel. On sort du cadre du soin ; je l’utilise pour m’alimenter. Est-ce une solution durable si je boude les fruits et les légumes ? J’en doute !

Le danger est ailleurs ; pourquoi faire l’effort d’équilibrer mon alimentation puisqu’une petite gélule est capable de résoudre mes déficits nutritionnels.

Un marketing bien rodé et rassurant !

Ce n’est pas nouveau, les publicités utilisent le pouvoir de l’image et des mots. La manipulation du consommateur est devenu une profession bien rodée. 60 ans d’alimentation industrielle ont transformé notre rapport à la nourriture. Les publicités nous conditionnent, depuis notre tendre enfance, à ne suivre que notre plaisir gustatif, sans nous soucier du reste. La chimie, au service des intérêts économiques des industriels, permet de créer des saveurs et des textures auxquels il est difficile de résister. A quoi bon lire les étiquettes, elles sont tellement compliquées à déchifrer.

Les matières premières raffinées, au fort pouvoir addictif pour nos papilles gustatives, sont économiques à produire. Elles se déclinent en une infinité de préparations alimentaires ; de quoi satisfaire notre appétit jamais rassasié. Plus besoin de cultiver la diversité si chère à produire, avec quelques productions intensives, il est possible de fabriquer un si grand choix. Que resterait-il dans un super-marché si on éliminait tout ce qui a été fabriqué à base de lait, de blé, de sucre, de tomate et de pomme de terre ? Nous serions étonné de voir le peu de diversité qui arrive dans nos assiettes comparée à l’incroyable diversité des végétaux comestibles. Cette alimentation industrielle en apparence opulente est en réalité bien pauvre !

Bien sûr à chaque publicité de chips, de glace, de sucreries, de plats industriels… on nous impose les fameuses recommandations nutritionnelles. Nous entendons bien qu’il ne faut pas manger trop gras, trop sucré et trop salé. Nous comprenons évidemment la nécessité de manger 5 fruits et légumes par jour. Mais drogué par ces préparations industrielles addictives, le manque est plus fort, notre choix se porte le plus souvent vers la satisfaction et le plaisir.

Le pouvoir de la publicité est incontestable. C’est pourquoi ces gélules de fruits et de légumes posent problème. Elles nous enlèvent l’impératif de tendre vers l’équilibre. Nous avons envie de croire qu’elles peuvent nous suffire à nous maintenir en bonne santé, même si nous mangeons mal. La publicité nous conforte dans ce que nous désirons entendre !

Ces produits n’aident pas au retour à une alimentation saine et naturelle. Ils surfe sur la conscience des déficits nutritionnels et des carences provoqués par une alimentation déséquilibrée. La solution qu’ils proposent n’est pas de rééquilibrer nos repas, mais de supplémenter. Quelque soit la valeur de ces produits, ils ne peuvent exister que si nous continuons à mal nous nourrir.

L’avenir de la nutrition humaine :

Comment ne pas se faire du soucis au sujet de l’hygiène alimentaire des jeunes générations. Comme leurs parents, elles souffrent de la mal-bouffe, mais ne connaissent que cette réalité. Elles grandissent dans un monde aux messages nutritionnels contradictoires. Seront-ils des victimes forcées à se réveiller lorsque leur santé faillera !

La baisse de la qualité nutritionnelle des aliments issus de l’agriculture et de l’élevage industriels n’est plus un secret. Les plantes qui poussent sur des sols morts, dépourvus de vie bactérienne et organique. Elles n’assimilent plus suffisamment de minéraux et d’oligo-éléments.
Sur-protégés à coups de pesticides et de fongicides, les fruits et les légumes produisent peu de vitamines et d’antioxydants dont le rôle est justement de les protéger des agressions extérieures. Les seuls nutriments que reçoivent les cultures sont les engrais chimiques.

La qualité des viandes est déplorable, nous mangeons des animaux bourrés d’hormones et d’antibiotiques. La qualité de leur alimentation est déplorable et peu diversifiée. La viande industrielle provient d’animaux malades, affaiblis, mal nourris, stressés, vivants dans des conditions indignes de la vie. Comment une telle viande pourrait être bonne au niveau nutritionnel ?

Cette descente en flèche de la qualité rend la supplémentation en micronutriments indispensable. Que trouverons nous dans nos assiettes lorsque les générations qui cuisinaient auront disparues. A quoi ressemblera notre conscience alimentaire ? De quoi seront composés nos repas. Saurons nous encore ce qu’il y a dedans ?

L’importance de “manger vivant” des produits frais, crus, riches en vie et en énergie, n’est pas toujours bien comprise. Penser que des gélules peuvent équilibrer durablement notre alimentation, risque de promouvoir davantage la nourriture synthétique et transformée.

Des fruits et des légumes en gélules c’est mieux que rien :

L’argument en faveur de ces gélules est de penser que c’est toujours mieux que rien! Mais c’est le contraire ! Tout ce qui ne va pas dans le sens d’un rééquilibrage alimentaire, que ce soit pour mincir, pour combler mes carences ou encore pour être en bonne santé, est voué à l’échec.

Dès lors qu’un produit me donne bonne conscience, il creuse davantage mon déséquilibre. Au final ce ne sont pas ces quelques gélules qui pourront me protéger. Je risque d’être en colère à l’arrivée d’une maladie grave, immunitaire, dégénérative ou chronique.

C’est pourtant évident qu’une gélules ne contenir tous les bienfaits des fruits et légumes. Quels nutriments ont été enlevé pour que 20 fruits et légumes arrivent à rentrer dans des gélules. Que reste-ils des liquides chargés de vie et de minéraux ?

L’espérance de vie en bonne santé des jeunes générations est déjà en déclin. Jusqu’à quel âge pourront-ils savourer de vivre dans un corps plein d’énergie.

En conclusion :

Utiliser les compléments nutritionnels uniquement pour combler ponctuellement un déséquilibre ou encore pour soutenir l’organisme lors d’une maladie. En aucun cas ils nous évitent d’avoir à modifier nos habitudes alimentaires.

Plus je m’éloigne de la nature et plus je mets mon corps à l’épreuve. Consommer des gélules pour me soutenir mon organisme est une chose, mais pour me nourrir en est une autre. Les conséquences risquent d’affecter mon bien-être et mon apparence (prise de poids, vieillissement accéléré, perte musculaire et de souplesse, problèmes de dents… la liste est si longue !).

Il est naturel de rechercher le plaisir en mangeant. Cuisiner de bons petits plats n’est pas incompatible avec un apport suffisant en fruits et en légumes frais de saison. Pour cela je suis obligé de me sevrer de la nourriture industrielle et de rééduquer mes papilles gustatives aux végétaux frais et crus. Le but de l’alimentation industrielle n’est pas de me nourrir, mais de me lier à elle dans un rapport de dépendance pour que je consomme davantage. Elle m’empêche d’avoir envie de retourner aux vrais aliments sans arômes et sans exhausteurs de goût. La plupart des troubles du comportement alimentaire disparaissent d’eux-même suite sevrage des préparations industrielles ! Ce n’est pas un hasard !

François de Saint Nicolas

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