Le Jeûne intermittent : mon Programme

Par le 12 avril 2018

Pourquoi jeûner :

L’intérêt du jeûne intermittent est d’offrir, chaque jour, un temps de repos plus long à notre tube digestif. Avec nos 3 repas par jour et nos petites collations du matin, de l’après midi et du soir, nous sommes en permanence en train de digérer. Du fait de la fréquence, de la complexité et de la quantité de nos prises alimentaires, notre tube digestif est rarement au repos. Il fonctionne en permanence sans possibilité de se régénérer. Il n’est pas étonnant que cette surabondance et cette suractivité soient à l’origine de désordres ou de problèmes de santé.

Définir la durée de la pause digestive :

Au départ, mon objectif est de réduire la fréquence de mes prises alimentaires et de mettre mon petit ventre au repos !
Bien évidemment, cela n’est pas si simple. Pour y parvenir, il me faut y aller progressivement. Ma fâcheuse tendance à grignoter entre les repas ne me facilite pas la tâche ! Les heures passées le ventre vide m’ont parfois semblées interminables et furent difficiles à supporter.

Pourquoi choisir une pause alimentaire aussi longue :

Une logique on ne peut plus simple : Du fait de ma tendance à grignoter, j’ai pensé qu’il serait judicieux de raccourcir le temps où je m’autorise à manger. Bien qu’un jeûne intermittent plus court soit tout aussi efficace, mon choix de jeûner aussi longtemps est motivé par mon besoin d’en finir avec certains de mes comportements alimentaires. J’espère ainsi modérer mes envies de me jeter sur la nourriture tout au long de la journée.

Ce choix est donc tout à fait personnel. Je ne le conseille pas forcément. Il m’a fallu près de 8 mois pour y parvenir.
Il faut reconnaître qu’il n’est pas facile de se débarrasser de décennies d’habitudes alimentaires. Même motivé par un désir de changement, il y a des jours où cela peut sembler bien contraignant.
Les premiers mois je n’ai guère dépassé les 16h de pause, puis les 18h. Enfin, après de nombreux efforts, j’ai atteint mon objectif de 20 à 22h de jeûne intermittent par jour.

Les premiers mois, durant les heures où je m’autorisais à manger, il m’arrivait de grignoter en permanence. Heureusement, ce fut transitoire. Petit à petit, je me suis équilibré avec de moins en moins d’efforts. Avec de la persévérance, j’ai cessé de manger au delà de ma faim. Mes repas sont devenus beaucoup plus équilibrés.

Une pause quotidienne de 20 à 22h par jour sans manger, peut sembler quelque peu extrême au premier abord. En réalité, durant la période où je m’alimente, les trois prises alimentaires (fruits puis le jus de légumes et enfin le repas) me suffisent amplement. Il m’a fallu une longue période d’adaptation pour que mon corps s’habitue à ce nouveau rythme, mais les bénéfices sont vraiment très intéressants. Je savoures surtout de ne plus subir mes anciennes compulsions alimentaires. Il ne me viendrait pas à l’idée de rompre mon jeûne intermittent pour grignoter quelque chose.

Il est tout à fait possible d’avoir de très bons résultats en faisant un jeûne intermittent de 16 à 18h avec un repas léger de légumes ou de crudité vers 13h. Un goûter de fruit suivit d’un jus de légume et d’un repas complet le soir. L’important est chaque jour de manger une diversité suffisante de bons aliments frais. Bien entendu, faciliter les processus de digestion (associations alimentaire, manger ce qui se digère vite suffisamment tôt avant le repas…) optimise les bienfaits du jeûne intermittent.

Les bénéfices du jeûne intermittent dans mon quotidien :

Le choix d’un repas par jour s’avère bénéfique pour moi à de nombreux niveaux :

  • J’ai beaucoup plus de plaisir à manger. Par le passé, j’avais mon plaisir était davantage de me remplir d’aliments stimulants, même sans avoir faim. Je mangeais par habitude. La sensation de manger en ayant faim est vraiment agréable. Il m’a fallu plusieurs mois de jeûne intermittent pour faire la différence entre la faim et l’envie de manger. J’ai compris que jusqu’à présent, je ne connaissais que l’appel de mon estomac qui se vide. Je subissais généralement une sensation de manque désagréable qui prenait allure de faim notamment dans les périodes où je consommais du sucre, des aliments raffinés ou encore des aliments addictifs.
  • Je digère mieux, je dors mieux et j’ai globalement plus d’énergie.
  • Je ne souffre plus de compulsions alimentaires. Lorsqu’il m’est difficile de patienter jusqu’au soir pour manger, je décale mon repas du soir au midi. Le lendemain, la pause sans manger est simplement plus longue.
  • Le retour à une nourriture originelle : Le jeûne intermittent donne envie de manger des produits frais et naturels ; de cuisiner avec des produits entiers non transformé. Doucement l’envie de manger des produits industriels, du sucre ou des aliments trop gras disparaît. Je peux dire que le fait de manger un repas par jour m’aide à manger équilibré et à faire attention à ce que je mange. J’aime l’idée, que ce repas unique est vraiment profitable pour mon corps.
  • Je mange en conscience. J’ai éduqué mon palais et je prends plaisir à manger des aliments simples. J’ai plaisir à découvrir l’incroyable diversité gustative du monde végétal. Je suis moins attiré par la viande et les produits laitiers. Je me régale des innombrables épices et plantes aromatiques.
  • Je n’ai plus du tout de plaisir à manger au delà de ma faim. Je n’aime plus la sensation d’avoir l’estomac plein à rabord. Je fais attention à ne pas avoir à supporter une digestion difficile. Le jeûne intermittent m’a fait découvrir le bien-être de se sentir léger.

L’organisation de mon repas :

Manger un repas par jour c’est bien, mais manger équilibré c’est très important. Ma préoccupation première est évidemment de préparer un repas qui apporte tout ce dont mon corps a besoin pour rester en forme et en bonne santé.

J’ai trouvé surprenant que la question des carences nutritionnelles (en vitamines, en minéraux ou encore en oligo-éléments) ne se soit posé qu’à partir du moment où j’ai pris la décision de manger moins souvent. Durant la courte période où je me suis laissé aller à la consommation d’une alimentation industrielle pauvre en micro nutriments, je ne m’en suis pas préoccupé. Il est pourtant bien connu que l’alimentation industrielle est de plus en plus carencée. J’imagine que le fait de pouvoir manger en abondance tout le temps, m’avait endormi. Je ne me souciais pas vraiment de mes véritables besoins.

Depuis que j’ai testé la majorité des régimes minceur, je me soucie davantage des carences nutritionnelles. Les régimes amincissants étant tous déséquilibrés, j’avais peur d’en sortir fatigué et surtout vieilli ! De ce fait je me suis jeté sur compléments alimentaires qui m’ont évité d’abimer mon corps prématurément. J’ai souvent observé que les régimes pour mincir ou les régimes sportifs (sèche, prise de masse musculaire…) avaient de lourdes conséquences sur la peau. Autant dire que l’intérieur du corps ne devait guère aller mieux.

Je fais donc attention de manger suffisamment de légumes, de crudités et de fruits de saison provenant de mon jardin ou de petits producteurs bio (70% de mon alimentation au minimum). Chaque jour j’extrais également un ou deux grand verre de jus de légumes frais.

Conscient que certains groupes d’aliments se digèrent mieux s’ils sont consommés en premier, j’en ai tenu compte pour structurer mon unique repas de la journée en différentes parties.

J’adore manger des fruits fraîchement cueillis sur l’arbre du printemps au début d’hiver. J’ai une fabuleuse collection de fruitiers anciens de toutes sortes dans mon jardin. J’évite de manger des fruits conservés en chambres froides durant l’hiver. D’autant plus qu’en hiver les légumes frais et crus sont tout autant une excellente source de vitamines.
Les fruits se digèrent rapidement et je préfère les manger avant les autres aliments. Il en est de même pour les jus de légumes.

Composition type de mon unique repas quotidien :

17h – Fruits frais de saison
17h30 – Fruits secs (noisettes, amandes, noix…).
18h30 jus de légume
19h- 19h30 repas complet

J’aime beaucoup commencer mon repas du soir à 19h par une salade composée de plantes sauvages, de salade, de légumes racines râpés etc…

En accompagnement du plat principal, toujours des légumes cuits de saison.

J’évite les desserts sauf aux repas de fête. Dans le cas où je ressens le besoin d’une petite douceur pour finir mon repas, un carré ou deux de chocolat noir à 70% me suffit.

Mon collègue s’autorise, lorsque son envie de manger est trop importante, vers 14h une soupe de légume ou encore une assiette de crudité. Ce qui fait tout de même une pause de 18h sans manger.

Rester flexible :

Les repas en famille, les repas de fêtes ou encore les repas avec les amis sont toujours mis en premier avant mon jeûne intermittent. Je ne veux pas que cette pratique du jeûne soit en désaccord avec ma vie sociale. Toutefois, il est rare d’avoir deux repas importants dans une même journée. De ce fait, même les jours de fêtes, j’arrive en général à conserver un repas unique.

Comment m’assurer que le jeûne intermittent m’est profitable :

La réponse est simple, mon corps parle de lui-même ! Il est par ailleurs très intéressant d’apprendre à observer les changements et à être à l’écoute. Je pense que j’aurais déjà remarqué les méfaits du jeûne à l’état de ma peau, à mon niveau d’énergie et à une foule d’autres indicateurs corporels. Mais il n’en est rien, le jeûne me va bien pour le moment.
Bien évidemment 8 mois de pratique ne suffisent pas pour affirmer du bien fondé de la pratique du jeûne intermittent. Toutefois je commence à m’en faire une idée !

Les points négatifs (principalement les premiers mois) :

  • Le jeûne a réactivé dans un premier temps mes compulsions alimentaires. Avant d’être sevré de cet apport incessant de nourriture, j’ai souvent eu l’impression d’avoir faim, de me sentir mal, d’avoir mal au ventre, d’être irrité. Il est évident que ce furent des symptômes d’un sevrage et non d’une faim réelle.
  • Le temps m’a semblé parfois très long. J’avais l’impression de manquer de plaisir. Ce constat m’a alarmé. Comment ais-je pu arriver à ce stade où ma plus grande source de plaisir est dans la nourriture. Il y a tellement d’autres sources de plaisir et de créativité. Cette focalisation sur la nourriture m’a déconcerté !

Les points positifs (ils s’intensifient au fil des mois) :

  • Plus le temps passe et plus je suis en forme. J’ai infiniment plus d’énergie qu’avant. Je dors mieux. Je suis moins stressé.
  • Le gain de temps : Je me suis toujours plaint de ne pas avoir le temps de faire tout ce que je veux. Pas assez de temps pour travailler, pour aller au jardin, pour lire, pour faire du sport et j’en passe ! Avec un repas par jour c’est incroyable le temps que j’ai libéré dans ma journée.
  • Je mange enfin sans me restreindre sans peur de grossir. Au niveau satisfaction, cela me fait du bien de manger un repas jusqu’à satiété plutôt que deux ou trois repas à me contrôler pour ne pas trop manger.
  • J’arrive à mieux ressentir mes besoins nutritionnels. Je mange naturellement moins en quantité. Je modère mon apport en glucide et en féculent en fonction de mon activité physique et de ma faim réelle.
  • Je mange une plus grande diversité d’aliments naturels et simples. J’ai rarement envie de manger des aliments industriels et raffinés. Et lorsque c’est le cas il me suffit de lire l’étiquette pour m’en décourager. J’ai découvert une multitude de saveurs. Je ne consomme quasiment plus de sucre ajouté et je m’en porte merveilleusement bien !
  • Mon poids s’est stabilisé à mon poids idéal de forme. Je me sens bien dans mon corps. Le jeûne intermittent n’est en revanche pas suffisant pour mincir et conserver un poids de forme. Mais il aide fortement à retrouver un équilibre alimentaire. Ma peau est plus lumineuse, certaines ridules ont disparues et j’ai moins de poils blancs sur la barbe.
  • Le jeûne intermittent me donne envie d’aller plus loin dans l’entretien et l”équilibre de mon corps. J’ai davantage conscience qu’il est mon véhicule pour bien vivre ma vie. J’ai envie de découvrir des techniques d’harmonisation corporelle. Je me suis mis au Yoga et à la méditation. Coté sport, je suis plus en forme, quasiment plus de blessures au jogging et j’ai gagné en vitesse.
  • Bien entendu cette expérience prolongée du jeûne intermittent s’avère bénéfique au niveau de ma santé globale. Les bienfaits de cette pratique s’en ressentent même au niveau psychique et émotionnel.

La suite de l’expérience vers une nouvelle hygiène de vie :

Au bout de ces quelques mois de pratique, le jeûne intermittent m’a permis d’en apprendre beaucoup sur les besoins de mon corps. Cette expérience, que je compte poursuivre, a changé ma vision de l’alimentation. Elle m’a fait réfléchir sur mon modèle de consommation. Elle a transformé mon hygiène de vie.

Avec du recul, il est possible, que je me serais lancé dans la pratique du jeûne intermittent de façon beaucoup plus progressive pour éviter les difficultés des premiers mois. J’aurais allongé tout doucement ma pause alimentaire et structuré graduellement mes pauses alimentaires. A présent que je me suis adapté à cette nouvelle façon de me nourrir, je suis ravi de m’être lancé dans cette expérience. A chacun de trouver son rythme ou sa manière de procéder avec douceur et surtout en écoutant son corps.

Il faut apprendre à comprendre les signaux envoyés par notre corps. Pourquoi il réagit bien ou mal ? Suis-je en train de me sevrer d’aliments addictifs ; suis-je en train d’avoir une crise de détoxication ou est-ce que le jeûne intermittent ne me convient pas ? C’est par l’observation et en y allant progressivement que les réponses viennent. Si je m’étais arrêté aux désagréments sans chercher à les comprendre, je serais passé à côté d’une belle expérience.

Les bienfaits du jeûne intermittent sont largement vantés sur internet. Cette expérience est globalement bénéfique. Malgré tout, le temps d’adaptation fut long, parfois difficile. J’ai constaté aussi les limites de cette pratique notamment pour la minceur. Dans un prochain article je prendrais le temps pour revenir sur les difficultés que j’ai rencontré. Comme beaucoup de technique de santé, le jeûne n’est pas une solution miracle. Il doit s’intégrer à une hygiène de vie globale comme une pièce de puzzle au sein d’un ensemble de pratiques de soin.

François de Saint Nicolas

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