Pourquoi jeûner

Par le 11 janvier 2018

La raison la plus évidente de jeûner est d’en être obligé par un problème de santé. Pour me soigner, il est clair que je suis prêt à dépasser mes limites. J’ai le sentiment, que même en bonne santé, le jeûne est une pratique des plus bénéfiques. Mon objectif est de mieux connaitre mon corps, de comprendre ses besoins et de lui apporter les soins qu’il mérite. J’ai envie d’avoir encore plus d’énergie !

Les mauvaises habitudes ont la vie dure :

Décider d’un programme est une chose, mais le mettre en place en est une autre. Les habitudes liées au plaisir, qu’elles soient bonnes ou mauvaises pour notre santé, ont la vie dure !
Nous sommes nombreux à céder aux plaisirs éphémères des dépendances qu’elles soient de nature alimentaire ou autres. Il est plus facile d’avoir accès aux aliments addictifs qu’aux aliments sains. Il m’a fallu beaucoup de temps, de patience, de volonté et de persévérance pour me libérer de la plupart de mes comportements addictifs. J’ai banni les aliments industriels, le sucre, les produits laitiers et autres dépendances de mon quotidien. Pour autant, tout n’est pas parfait. Bien au contraire. Éviter le plus souvent possible les aliments addictifs, ne signifie pas ne plus être tentés par eux. J’espère que la pratique du jeûne va me libérer définitivement de leur emprise.

Le sucre appèle le sucre : Ce serait si simple si je pouvais manger un bon gâteau à la crème chantilly ou un bon fromage affiné et être satisfait durablement. Mais la petite euphorie gustative que je ressens, me crée un manque. Trop vite j’éprouve le besoin de recommencer. Comme pour toute addiction, pour ressentir le même niveau de plaisir, il me faut augmenter les doses et la fréquence des prises. La surconsommation est alors inévitable.

Manger des produits sains, ne garanti pas l’équilibre alimentaire. Le besoin de manger en quantité et de grignoter peut tout à fait être satisfait en mangeant des produits naturels. En revanche, il est facile de minimiser l’impact de manger trop lorsque l’on mange des aliments sains. Mon corps parle de lui-même, dans l’excès, les kilos jouent aux yoyo. Quel dommage d’avoir réussi à privilégier une alimentation saine et équilibrée, pour au final nuire à ma santé en mangeant trop ou trop souvent. A ce rythme, non seulement je ne retrouve pas une silhouette harmonieuse, mais j’épuise mon corps en constante digestion !

En ce qui concerne mon goût prononcé pour le sucré,  j’espère que le jeûne va finir de m’en débarrasser (les sucres naturels, même naturels, restent des concentrés de sucre à consommer le plus rarement possible).

Le jeu de la motivation et du lâcher-prise vers l’équilibre :

La motivation est essentielle, mais il faut lâcher de la bride de temps en temps. Sans frustration, il est plus facile de recadrer les objectifs et de faire le point. L’enthousiasme amène souvent à faire des changements trop rapides. Mais un laisser-aller trop fréquent empêche d’avancer. Tout est une question d’équilibre.

Ma motivation de jeûner :

  • Me libérer de mon obsession de la nourriture. Manger prend définitivement trop de place dans mon quotidien !
  • Prendre plaisir en mangeant, mais que la nourriture ne soit pas ma principale source de plaisir. Cela me mène trop souvent à l’excès et au déséquilibre. Inévitablement, je reprends une partie du poids que j’ai perdu. Les périodes de laisser-aller s’alternent avec les frustration et les restrictions alimentaires. Grâce au jeûne, j’espère modérer mon appétit et me déconditionner de mes pulsions alimentaires.
  • Trouver de la satisfaction à manger sain et équilibré. Que cela me devienne naturel. J’aimerai conserver un corps mince, en forme et en bonne santé sans pour autant devoir faire autant d’efforts d’auto-discipline.
  • Apprendre à manger à la bonne fréquence et dans la bonne quantité, me semble important pour limiter le gaspillage. Il y a un véritable problème de quantité, de qualité et de fréquence dans nos habitudes alimentaires. Notre corps pour supporter cette sur-abondance limite sa capacité d’assimilation. Cela ne suffit pas pour éviter les problèmes de sur-poids et de santé.

Manger moins souvent : un véritable gain de temps :

Cuisiner plusieurs repas sains par jour est pour moi une contrainte. De plus je ne suis pas adepte des plats préparés industriels ou bio. Je ne déteste pas cuisiner, mais ce n’est pas une passion non plus. Quand bien même, il faut de l’imagination et beaucoup de temps pour préparer 14 repas par semaine, sans toujours manger la même chose. Avec 6 ou 7 repas, je me sens allégé d’un fardeau. L’industrie agro-alimentaire l’a bien compris. L’envolée de la mal bouffe et des plats cuisinés favorise une consommation constante au moindre effort.

Je mange trop ?

Même si mon corps me crie la réponse, je me pose tout de même la question ! N’est-il pas possible de manger moins souvent tout en étant en forme ? En toute logique si je prends du poids malgré le sport, le yoga et le jardinage, il est évident que je mange trop. Dans tous les cas bien au delà de mes besoins de mes besoins. Pas facile de me rationner avec autant de prises alimentaires dans une journée.

Il est tentant d’utiliser le jeûne pour perdre du poids, pour autant ce n’est pas une bonne idée. Le jeûne se transforme en régime au risque de ne plus manger suffisamment.  Attention aux carences nutritionnelles ! Le jeûne est généralement déconseillé en cas de troubles du comportement alimentaire. Pour le pratiquer, il faut veiller le reste du temps à avoir une alimentation équilibrée. Naturellement, c’est normal de perdre du poids, voire un peu de masse musculaire, mais cela reste transitoire. Très vite le corps s’adapte et retrouve son équilibre. Pratiquer le jeûne comme hygiène de vie ne rime pas avec sous-alimentation. Il est indispensable d’apprendre à manger suffisamment pour répondre à nos besoins. En revanche, le jeûne favorise le retour à un poids idéal, car il facilite la transition vers une alimentation plus saine et plus naturelle.

Depuis août 2017, très motivé à enfin trouver mon équilibre alimentaire personnel, je me lance dans l’expérimentation des différentes pratiques de jeûne.

Ayant moi-même souffert par le passé de comportements alimentaires déséquilibrés, je suis encore plus vigilant dans ma pratique du jeûne. Au fil des mois j’ai modifié mon programme, je l’ai réajusté pour éviter de réactiver de vieux mécanismes comportementaux. Avec beaucoup d’attention et de motivation, le résultat au bout de 6 mois est bien au delà de mes espérances.

Ne pas manger fait peur. Surtout à l’entourage :

Une société basée sur la satisfaction des plaisirs n’encourage pas les vertus de la maîtrise et de la frugalité. Ne pas manger est anormal, extrême, voire sectaire. Comment peut on ainsi se faire du mal !!! Ne serait ce pas dangereux ?

La restriction n’est pas dans nos coutumes ni dans nos habitudes. Très peu d’études sont faites sur le jeûne. En contrepartie, des médicaments sont nécessaires pour que nous puissions continuer à manger autant. Si nous voulons retrouver notre silhouette, nous sommes encouragés à suivre des régimes déséquilibrés qui au final aggravent notre problème de sur-poids. Les régimes génèrent des profits sans pour autant aller au fond du problème. Nous risquons de devenir de bons clients et de bons consommateurs. En réalité, le seul intérêt d’un complément alimentaire pour la minceur ou d’un régime amincissant est de nous motiver à changer nos habitudes.

Au début d’un jeûne, la peur de ne pas manger est bien réelle. Les réactions de l’entourage sont souvent empreints de doutes quant aux risques de faire une expérience aussi extrême. Pourtant une des premières chose que j’ai découverte grâce au jeûne c’est le plaisir du goût. Suite à une pause alimentaire, le moindre légume a une saveur incroyable. Le jeûne rééduque le palais. Il m’a donné le plaisir de manger des aliments simples, entiers, non transformés et naturels. Ils sont délicieux sans ajout de sel, de sucre ou de gras !

Jeûner m’apprends à m’alimenter sainement et à écouter mon corps. Il est plein de ressources ; son aptitude à se régénérer mais aussi à se renforcer est extraordinaire. Le plus souvent je déborde d’énergie ! Au bout de 5 mois de pratique, je me sens plus vivant et plus en forme. J’ai réellement envie de poursuivre cette aventure à la fois banale et hors du commun !

François de Saint Nicolas

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